Les « Free Articles » de la semaine

Les troubles neuropsychologiques dans la schizophrénie.

Course of Neurocognitive Deficits in the Prodrome and First Episode of Schizophrenia. Carol Jahshan, M.S., Robert K. Heaton, Ph.D., Shahrokh Golshan, Ph.D., and Kristin S. Cadenhead, M.D., Neuropsychology. 2010 January ; 24(1): 109–120. PDF

Impaired Visual Working Memory Consolidation in Schizophrenia. Rebecca L. Fuller, Steven J. Luck, Elsie L. Braun, Benjamin M. Robinson, Robert P. McMahon, and James M. Gold, Neuropsychology. 2009 January ; 23(1): 71–80. PDF

Impaired Implicit Learning in Schizophrenia. William P. Horan, Michael F. Green, Barbara J. Knowlton, Jonathan K. Wynn, Jim Mintz, and Keith H. Nuechterlein, Neuropsychology. 2008 September ; 22(5): 606–617. PDF

Executive function does not predict coping with symptoms in stable patients with a diagnosis of schizophrenia. Maarten Bak, Lydia Krabbendam, Philippe Delespaul, Karola Huistra, Wil Walraven, and Jim van Os, BMC Psychiatry. 2008; 8 : 39. PDF

Neuropsychological Disturbance in Schizophrenia: A Diffusion Tensor Imaging Study. Paul G. Nestor, Marek Kubicki, Margaret Niznikiewicz, Ronald J. Gurrera, Robert W. McCarley, and Martha E. Shenton, Neuropsychology. 2008 March ; 22(2): 246–254. PDF
Apathy and the Processing of Novelty in Schizophrenia. Robert M. Roth, Nancy S. Koven, Jo Cara Pendergrass, Laura A. Flashman, Thomas W. McAllister, and Andrew J. Saykin, Schizophr Res. 2008 January ; 98(1-3): 232–238. PDF
Cognitive Rehabilitation for Schizophrenia and the Putative Role of Motivation and Expectancies. Dawn I. Velligan, Robert S. Kern, and James M. Gold, Schizophrenia Bulletin vol. 32 no. 3 pp. 474–485, 2006. PDF

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Classé dans Littérature

Trouble bipolaire et déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité: deux profils cognitifs distincts

Le trouble bipolaire (TB) est caractérisé par une fluctuation anormale de l’humeur, pouvant aller d’une excitation très marquée (période maniaque) à une tristesse profonde (période dépressive). Le déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) désigne quant à lui un syndrome, très médiatisé ces dernières années, qui comprend des troubles attentionnels (difficultés à se concentrer sur une tâche suffisamment longtemps et/ou de manière efficace), une impulsivité (caractère imprévisible, sautes d’humeur) et une hyperactivité (difficultés à rester assis, tendance à remuer et à parler sans arrêt). Chez l’enfant, ces deux pathologies peuvent être confondues car leurs présentations comportementales peuvent être similaires. Dans les deux cas, un fonctionnement anormal du cortex préfrontal a été mis en évidence, avec une perturbation de certaines fonctions exécutives. On peut alors raisonnablement se demander s’il y  a des différences entre ces deux pathologies au niveau du fonctionnement cognitif et plus particulièrement exécutif. Une récente revue de la littérature a mis en évidence des différences subtiles entre TB et TDAH. Il apparait que les troubles du contrôle de l’interférence, de la planification et de la flexibilité mentale sont spécifiques au TB et que les difficultés en mémoire de travail verbale et visuelle et en fluences verbales alphabétiques sont davantage observées dans le cadre des TDAH. En revanche, les capacités d’inhibition de permettent pas de discriminer les deux maladies.

RÉFÉRENCES: Executive function in pediatric bipolar disorder and attention-deficit hyperactivity disorder: in search of distinct phenotypic profiles. Patricia D. Walshaw, Lauren B. Alloy & Fred W. Sabb, Neuropsychology Review, Volume 1 Number 1 (March 2010), 103-120. PDF

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Classé dans Psychiatrie

Créativité et substance blanche

La créativité joue un rôle primordial dans le développement des civilisations humaines et dans la vie culturelle de l’individu. Elle désigne la capacité d’une personne à résoudre un problème de manière originale, à imaginer, à décrire un concept neuf. La littérature scientifique a déjà postulé le fait que la créativité tire ses ressources d’un réseau valide de connexions entre les diverses régions du cerveau mais il n’a jamais été clairement démontré la relation entre l’intégrité de la substance blanche, ce câblage reliant les régions cérébrales entre elles, et les capacités de création.  Dans cette étude menée par une équipe japonaise, les connexions structurelles sont observées à l’aide de l’imagerie de diffusion, cette technique déjà évoquée sur ce blog et permettant d’analyser les fibres de substance blanche sur toute leur longueur et en particulier les régions suivantes: le corps calleux, la jonction temporo-pariétale bilatérale et le lobule pariétal inférieur droit. 55 jeunes adultes participent à cette recherche. La créativité est évaluée à l’aide d’un test appelé le S-A Creativity Test, adapté à la langue japonaise. De manière générale, les résultats montrent que l’intégrité des fibres de substance blanche sous-tend la créativité. La créativité se révèle être une fonction cognitive de haut niveau, très complexe, et faisant intervenir de nombreuses aires cérébrales. Elle se définit clairement comme l’association d’idées parfois éloignées les unes des autres, qui se retrouvent souvent de manière fortuite, incongrue. Il serait intéressant de poursuivre nos lectures vers des papiers concernant des recherches sur la créativité et menées auprès de patients souffrant de lésions de la substance blanche comme la sclérose en plaques par exemple. 

REFERENCES: White matter structures associated with creativity: evidence from diffusion tensor imaging. Hikaru Takeuchi, Yasuyuki Taki, Yuko Sassa, Hiroshi Hashizume, Atsushi Sekiguchi, Ai Fukushima, Ryuta Kawashima, NeuroImage 51 (2010) 11-18.

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Classé dans Neuroimagerie

La reconnaissance des émotions dans la maladie de Parkinson: méta-analyse

Il a régulièrement été observé un déficit dans la reconnaissance des émotions chez des patients atteints de la maladie de Parkinson (MP). Toutefois, il existe dans la littérature des données contradictoires. Gray & al. (2010) se proposent, dans une méta-analyse, de faire le point sur ce sujet. Les résultats, portant sur 600 patients MP, confirment un lien robuste entre maladie de Parkinson et déficits spécifiques de la reconnaissance des émotions, tant au travers de la modalité visuelle (analyse du visage) que de la modalité auditive (voix). Même, ce serait la reconnaissance des émotions négatives qui serait le plus touché. Aussi, si ces difficultés ne semblent pas être liées à la présence d’une dépression ou de troubles visuo-spatiaux chez ces patients, le rôle probable de la mémoire de travail mériterait d’être exploré davantage. Il ne reste plus qu’à savoir quelles sont les régions cérébrales lésées qui provoquent ce trouble de la reconnaissance des émotions. Ces résultats posent également la question de la qualité des interactions sociales chez ces patients.  Passionnant article à lire, publié dans le Neuropsychology de ce mois…

RÉFÉRENCES: A meta-analysis of performance on emotion recognition tasks in Parkinson’s disease. Heather M. Gray & Linda Tickle-Degnen, Neuropsychology, 2010, Vol. 24, N°2, 176-191.

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RBMT 3ème édition en français à paraître cette année!

Vu sur le site internet des ECPA:

« Le Rivermead Behavioural Memory Test (RBMT), test de mémoire à valeur écologique, a été développé pour dépister et évaluer les problèmes mnésiques de la vie quotidienne. Le principe du test est de placer les patients dans des situations comparables à celles qu’ils rencontrent dans leur vie de tous les jours. Très sensible aux altérations du fonctionnement de la mémoire, l’épreuve permet d’identifier la gravité et la fréquence des troubles. Elle est utile dans le cadre d’évaluations clinique ou neurologique ainsi que dans le contexte de suivi de rééducation. Avec cette révision (version française ECPA), le RBMT 3 ouvre de nouvelles possibilités pour approfondir l’évaluation de la mémoire.
Le test explore davantage de fonctions :
–    exploration de la mémoire de la vie de tous les jours sous ses aspects visuels, verbaux, de rappel, de reconnaissances, immédiates ou différés,
–    évaluation des compétences de mémoire prospective,
–    mesure de la capacité à apprendre une tâche nouvelle.
La nouvelle version permet aussi de repérer des atteintes de la mémoire plus discrètes ou légères grâce à la révision des subtests, l’augmentation du nombre d’items et une difficulté plus grande des distracteurs. Par ailleurs, le matériel a été amélioré pour être plus agréable et faciliter l’administration (nouvelles photos, nouveaux dessins, regroupés dans des chevalets). 
Le RBMT3 donne une image précise des forces et des faiblesses du sujet à travers :
–    le profil de ses notes, regroupant ses performances dans le domaine de la mémoire verbale, visuelle, spatiale, prospective, pour l’orientation/date et l’apprentissage d’une nouvelle tâche ;
–    un Indice de mémoire générale (IMG) représentant sa performance mnésique générale.
Le nouvel étalonnage est composé de cinq groupes d’âge : de 16 à 19 ans, de 20 à 39 ans, de 40 à 59 ans, de 60 à 79 ans, 80 ans et plus. Le manuel comporte des exemples de cotation pour chaque subtest ainsi qu’un chapitre d’aide à la prise en charge dans lequel sont présentées des stratégies à considérer pour aider la personne souffrant de troubles de la mémoire ainsi que son entourage. »

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Classé dans Test

Mémoire, métamémoire et leur dissociation dans l’épilepsie du lobe temporal

Les patients qui présentent une épilepsie du lobe temporal (ELT) ont des difficultés de mémoire. L’étude de Howard & al. (2010) cherche à savoir si ces troubles mnésiques peuvent être liés à un trouble de la métamémoire, que l’on peut définir comme l’ensemble des croyances et connaissances que nous avons sur notre propre mémoire. 15 patients ELT et 15 contrôles sains appariés se sont ainsi prêtés à l’expérimentation. Ils devaient apprendre plusieurs paires de mots. Pour la métamémoire, les auteurs ont employé des tâches de jugement d’apprentissage (Judgment of Learning – JOL) et de sentiment de connaissance (Feeling of Knowing – FOK). La tâche JOL consiste pour le sujet à dire, sur une échelle, après avoir appris chaque paire de mots, avec quelle intensité il se sentirait capable de rappeler un des deux mots si on ne lui en présente qu’un seul. Pour chaque erreur dans la tâche de rappel, les participants sont invités à dire, sur une échelle, avec quelle intensité ils se sentiraient capable de reconnaître le mot cible parmi cinq altérenatives: c’est la tâche FOK. Tous les patients et contrôles appariés passent également par une batterie de tests neuropsychologiques. Les résultats montrent que les patients ELT ont des troubles marqués de la mémoire épisodique comparativement au groupe des sujets sains, mais que le fonctionnement de la métamémoire est parfaitement préservée. Les patients ELT, malgré leurs difficultés mnésiques, continueraient à bénéficier de bonnes connaissances de leur propre mémoire, c’est-à-dire qu’ils ont montré une bonne adéquation entre leur performance mnésique objective aux tests et leur jugement d’apprentissage et sentiment de savoir. En conlusion, les troubles mnésiques des patients ELT ne peuvent être expliqués par une perturbation de la métamémoire, mais plutôt par un déficit de l’encodage résultant des atteintes temporales.

REFERENCES: Memory, metamemory and their dissociation in temporal lobe epilepsy. Charlotte E. Howard, Pilar Andrés, Paul Broks, Rupert Noad, Martin Sadler, Debbie Coker, Giuliana Mazzoni. Neuropsychologia, 48 (2010), 921-932.

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Mémoire épisodique et altération de la substance blanche dans le vieillissement normal

Une étude parue au début de cette année dans la revue Neuropsychologia postule que le déclin des performances en mémoire épisodique observé dans le vieillissement normal serait la conséquence d’une fragilisation de certaines régions de la substance blanche et donc des connexions sous-tendant cette mémoire à long terme. 104 adultes âgés de 50 à 90 ans se sont prêtés à l’expérience. La substance blanche a été observée, entre autre, à l’aide de l’IRM de diffusion (technique qui permet d’inspecter les faiscaux de substance blanche) et le volume des hippocampes a également été calculé pour chaque sujet sain. La mémoire épisodique a été mesurée avec quelques sous-tests de l’échelle de mémoire de Wechsler, troisième édition, en se basant sur les théories d’Endel Tulving. Les auteurs ont constatés que la performance des sujets aux tests de mémoire était corrélée de manière significative avec les données obtenues avec l’imagerie à tenseur de diffusion mais pas avec la taille des hippocampes. Les résultats de cette intéressante étude suggèrent donc que la baisse des performances mnésiques des sujets sains vieillissants est due à l’intégrité du réseau des faisceaux de la substance blanche, qui a tendance à se fragiliser avec l’âge.

REFERENCES: The relationship between episodic long-term memory and white matter integrity in normal aging. R.A Charlton, T.R Barrick, H.S Markus, R.G Morris, Neuropsychologia, 48 (2010), 114-122.

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Classé dans Mémoires