Archives de Catégorie: Démences

Les « Free Articles » de la semaine

Les troubles neuropsychologiques dans la démence de type Alzheimer


Exploring the structure of a neuropsychological battery across healthy elders and those with questionable dementia and Alzheimer’s disease, Karen L. Siedlecki, Lawrence S. Honig, and Yaakov Stern. Neuropsychology. 2008 May; 22(3): 400–411. PDF

Clock Drawing Performance in Cognitively Normal Elderly. Emily J Hubbard,1,2 Veronica Santini,1 Christiaan G Blankevoort,3 Karin M Volkers,3 Melissa S Barrup,1 Laura Byerly,1 Christine Chaisson,1,2 Angela L Jefferson,1 Edith Kaplan,4,5 Robert C Green,1,2 and Robert A Stern1*. Arch Clin Neuropsychol. 2008 May; 23(3): 295–327. PDF

Magnetic resonance imaging predictors of cognition in mild cognitive impairment. Van de Pol LA, Korf ES, van der Flier WM, Brashear HR, Fox NC, Barkhof F, Scheltens P. Arch Neurol. 2007 Jul;64(7):1023-8. PDF

Higher cortical deficits influence attentional processing in dementia with Lewy bodies, relative to patients with dementia of the Alzheimer’s type and controls. J M Bradshaw, M Saling, V Anderson, M Hopwood, and A Brodtmann. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2006 October; 77(10): 1129–1135. PDF

Differentiating the cognitive profile of schizophrenia from that of Alzheimer disease and depression in late life. Ting C, Rajji TK, Ismail Z, Tang-Wai DF, Apanasiewicz N, Miranda D, Mamo D, Mulsant BH. PLoS One. 2010 Apr 12;5(4):e10151. PDF

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La reconnaissance des émotions dans la maladie de Parkinson: méta-analyse

Il a régulièrement été observé un déficit dans la reconnaissance des émotions chez des patients atteints de la maladie de Parkinson (MP). Toutefois, il existe dans la littérature des données contradictoires. Gray & al. (2010) se proposent, dans une méta-analyse, de faire le point sur ce sujet. Les résultats, portant sur 600 patients MP, confirment un lien robuste entre maladie de Parkinson et déficits spécifiques de la reconnaissance des émotions, tant au travers de la modalité visuelle (analyse du visage) que de la modalité auditive (voix). Même, ce serait la reconnaissance des émotions négatives qui serait le plus touché. Aussi, si ces difficultés ne semblent pas être liées à la présence d’une dépression ou de troubles visuo-spatiaux chez ces patients, le rôle probable de la mémoire de travail mériterait d’être exploré davantage. Il ne reste plus qu’à savoir quelles sont les régions cérébrales lésées qui provoquent ce trouble de la reconnaissance des émotions. Ces résultats posent également la question de la qualité des interactions sociales chez ces patients.  Passionnant article à lire, publié dans le Neuropsychology de ce mois…

RÉFÉRENCES: A meta-analysis of performance on emotion recognition tasks in Parkinson’s disease. Heather M. Gray & Linda Tickle-Degnen, Neuropsychology, 2010, Vol. 24, N°2, 176-191.

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Prise en charge de l’apathie dans la maladie d’Alzheimer par le maintien d’un domaine d’expertise

L’apathie est une perte de la motivation qui se manifeste par une diminution de l’initiation, un manque d’intérêt, de l’indifférence, un faible engagement social et un émoussement émotionnel (Landes & al., 2001). L’apathie se manifeste simultanément par une diminution des comportements orientés vers un but, un déficit de la cognition orientée vers un but et un déficit des émotions accompagnant les comportements dirigés vers un but (Marin, 1991; 1996). L’apathie peut être la conséquence de lésions neurologiques dans la démence de type Alzheimer (DTA), et particulièrement de l’atteinte de certaines régions frontales et sous-corticales. Mais l’apathie peut également être la conséquence d’un cercle vicieux qui entraîne le patient au repli suite aux troubles cognitifs qui se répercutent dans la vie quotidienne. Le patient se sent moins capable de faire les choses, et donc il cesse ses activités. Il est probable que l’apathie dans la DTA soit la conséquence de la participation conjointe de ces deux alternatives. Un des principaux intérêts de la prise en charge de l’apathie dans cette pathologie neurodégénrative est lié à ce que l’on appelle en neuropsychologie la réserve cognitive. La réserve cognitive fait référence au fait que l’intelligence innée, ou certains aspects liés aux expériences de la vie tels que le niveau d’éducation et les activités, produisent une forme de réserve prenant la forme d’un ensemble d’habiletés ou de répertoires qui permet à certaines personnes de limiter les répercussions du déclin cognitif associé soit à l’âge soit à la DTA (Stern, 2002). Plusieurs études ont montré que la réserve cognitive est associée à l’activité au sens large. Autrement dit, plus une personne est active au cours de sa vie, meilleur est son fonctionnement cognitif. L’inactivité liée à l’apathie a tendance a fragiliser le fonctionnement cognitif du malade ce qui aura pour conséquences de le rendre moins autonome: d’où l’intérêt d’une prise en charge de l’apathie dans la DTA.

Dans cette perspective, les aureurs de l’article préconisent de favoriser des activités habituelles ou routinières, de manière à mobiliser le moins possible de traitements contrôlés, connus pour être plus altérés que les traitement automatiques dans la DTA. Ces activités habituelles vont irrémédiablement porter sur les domaines d’intérêt et d’expertise du patient, qu’il va falloir déterminer (notamment avec l’aide des proches) et amener progressivement à les pratiquer en mettant le patient en situation et en analysant les difficultés, non sans tenir également compte de son profil cognitif.

REFERENCES: Prise en charge de l’apathie dans la maladie d’Alzheimer par le maintien d’un domaine d’expertise: étude de cas, C. Basse, M. Perrin, S. Adam in Actualités en rééducation neuropsychologique: études de cs, S. Adam, P. Allain, C. Aubin & F. Coyette, Solal Editeur, Marseille – 2009.

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Les troubles visuels dans la Démence à Corps de Lewy et l’atrophie corticale postérieure

Perception visuelle et Démence à Corps de Lewy

Ce qui caractérise la Démence à Corps de Lewy (DCL) sont des déficits visuo-perceptif, attentionnel et exécutif prononcés, un syndrome parkinsonien et des manifestations d’allure psychiatrique comme des hallucinations visuelles, mais aussi une fluctuation du fonctionnement cognitif. Cette pathologie est connue pour altérer les voies visuelles. Des études de neuroimagerie fonctionnelle rapportent une hypoperfusion des lobes occipitaux, dont les cortex visuels primaire et associatif. Lors de l’examen neuropsychologique, le patient atteint de DCL peut présenter des troubles visuo-constructifs lors d’épreuves de copie de figures ou de dessin. Plusieurs études rapportent également des déficits dans la perception des objets à des tests de figures entremêlées, de perception de la forme et de décision d’objets. Plus particulièrement, Mosimann & al. (2004) ont mis en évidence chez des patients DCL une atteinte de la discrimination visuelle. D’autres études ont trouvé une perturbation de la perception de l’orientation de lignes au test de jugement d’orientation de lignes de Benton. Enfin, plusieurs études semblent aller dans le sens d’une atteinte particulière de la voie visuelle ventrale dans la DCL car les patients présentent à priori plus de difficultés pour les tâches de perception visuelle d’objets que pour les tâches visuo-spatiales.

Perception visuelle et atrophie corticale postérieure

L’atrophie corticale postérieure (ACP) est un autre type de pathologie neurodégénérative qui débute par une perturbation des processus visuels, mais qui est souvent associée à une démence de type Alzheimer. La neuroimagerie anatomique révèle une atrophie corticale qui prédomine dans la jonction pariéto-temporo-occipitale et dans le lobe occipital. Des études utilisant le PET scan mettent en évidence un hypométabolisme occipital et pariétal, surtout latéralisé à droite. On peut observer dans l’ACP un syndrome de Balint caractérisé par une paralysie psychique du regard (incapacité du patient à diriger volontairement son regard), une ataxie optique (incapacité de saisir ou de pointer un objet sous guidage visuel en raison d’erreurs de localisation spatiale) et un trouble visuo-attentionnel ou simultagnosie dorsale. La simultagnosie dorsale (ou pariétale) peut également s’observer en dehors du syndrome de Balint dans l’ACP et désigne le fait d’avoir des difficultés à percevoir plus d’un seul objet à la fois. Elle s’oppose à la simultagnosie ventrale (ou temporale) qui désigne l’incapacité à reconnaitre plus d’un objet à la fois et qui engendre notamment un dyslexie lettre à lettre. On peut également observer dans l’ACP une héminégligence spatiale unilatérale gauche, une désorientation topographique, une agnosie, une apraxie, une prosopagnosie, mais aussi un syndrome de Gerstmann (agraphie, acalculie, confusion droite-gauche et agnosie digitale). D’autres études rapportent des difficultés pour percevoir la forme globale d’un objet à partir du protocole de Navon.

Alors que la DCL semble affecter prioritairement la voie visuelle ventrale et donc la reconnaissance visuelle des objets, l’ACP semble affecter toutes les aires visuelles associatives et particulièrement la voie dorsale qui sous-tend les capacités visuo-spatiales.

REFERNCES: Visual Impairments in Dementia With Lewy Bodies and Posterior Cortical Atrophy. Claudia Metzler-Baddeley, Roland J. Baddeley, Paul G. Lovell, Amanda Laffan & Roy W. Jones, Neuropsychology, 2010, Vol. 24, 35-48.

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Le syndrome dysexecutif associé aux pathologies de la substance blanche

Il s’agit du vingtième chapitre du récent ouvrage de Ronald A. Cohen & John Gunstad, Neuropsychology and Cardiovascular Disease publié chez Oxford University Press, qui s’intitule The Dysexecutive Syndrome associated with subcortical white matter disease and related white matter pathology, rédigé par Lamar & al. C’est Otto Binswanger qui a mis en évidence les atrophies sous-corticales causées par une insuffisance vasculaire et pouvant provoquer des troubles cognitifs. C’est Hachinski qui a ensuite introduit le concept de démence à infarctus multiples pour expliquer la relation entre l’athérosclérose cérébrale et le déclin cognitif, qui est rapidement devenu Démence Vasculaire (DV). Les auteurs abordent ensuite la complexité de ce type de démence, qui se trouve très souvent associée avec une Démence de Type Alzheimer (DTA). Ils suggèrent que la présence de pathologies de la substance blanche influence les symptômes ainsi que le cours du déclin démentiel, peu importe son type. 

Le syndrome dysexécutif dans les pathologies vasculaires

Les patients DV produisent significativement plus d’erreurs persévératives que les patients DTA. C’est une des manifestations de leur difficulté à passer d’un état mental à un autre, de « switcher » d’une tâche à une autre de manière suffisamment flexible. De plus, les erreurs persévératives des patients DV sont différentes qualitativement de celles des patients DTA. En effet, là où les patients DTA produisent des persévérations basées sur une confusion de sens, de nature sémantique, les patients DV produisent des persévérations davantage motrices, hyperkinétiques. Ainsi, lorsque l’examinateur demande au patient DV « dessinez un cercle, dessinez un cercle, dessinez un cercle », ce dernier va continuer de dessiner même lorsque l’examinateur aura cesser de le lui demander. Ces performances sont corrélées avec celles observées aux tests exécutifs et moteurs. Au contraire, lorsque l’examinateur demande au patient DTA d’écrire la phrase « deux arbres et trois cercles », ce dernier va dessiner deux arbres et trois cercles. Ou encore à la sollicitation « dessinez une maison », le patient DTA va écrire le mot « maison ». Ces performances sont corrélées avec celles observées aux tests de dénomination et de connaissances sémantiques. Les erreurs observées au sous-test Similitudes de la WAIS, un test évaluant les capacités de raisonnement abstrait, qui demande d’atteindre un niveau catégoriel superordonné, sont également de nature différentes. En effet, les patients DV vont produire une réponse clairement incorrecte (chien – lion: l’un aboie et l’autre rugit) alors que les patients DTA vont produire une réponse vague, mais qui dénote néanmoins d’un lien entre les deux mots (chien – lion: ils sont vivants). Les réponses des patients DV trahissent le fait qu’ils ont du mal à se désengager d’un niveau de compréhension pour répondre correctement à la question qui est posée. A ce moment de la démonstration, les auteurs soulignent que les patients DTA qui présentent également une altération sous-corticale de la substance blanche typique d’une DV produisent davantage de réponses incorrectes au test des Similitudes. Cela suggère que l’association de pathologies de la substance blanche à une DTA modifie de manière significative le profil cognitif que l’on pourrait attendre dans une DTA. Les lésions vasculaires sous-corticales qui sous-tendent la DV empêchent également le patient de sélectionner la cible appropriée et d’inhiber une réponse non pertinente, fonctions impliquées dans l’attention soutenue par exemple. Il a été montré que les patients DV, ainsi que les patients atteints de la Maladie de Parkinson (MP), dans une tâche de fluence verbale alphabétique, produisent un large pourcentage de mots durant les 15 premières secondes du test, comparativement à des patients présentant moins de lésions cérébrales vasculaires comme dans la DTA. Les patients DV et MP ont des difficultés à maintenir un niveau de performance adéquat sur toute la durée du test. Les auteurs développent également tout une partie sur les altérations cognitives responsables du trouble de la mémoire de travail constatée chez des patients DV et présentant des lésions vasculaires: selon eux, le trouble de la mémoire de travail serait dû à des difficultés d’inhibition de réponses non pertinentes ou automatiques.

REFERENCES: The dysexecutive syndrome associated with subcortical white matter disease and related white matter pathology, Melissa Lamar, Cate C. Price, Tania Giovannetti, Rod Swenson, & David J. Libon, p. 384-397, in Neuropsychology and Cardiovascular Disease, Ronald A. Cohen & John Gunstad, 2010, Oxford University Press, Inc.

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