Troubles neuropsychologiques et violence

Deux domaines cognitifs semblent particulièrement en lien avec les comportements antisociaux et la violence: les fonctions « frontales » (ou exécutives) et verbales. Il est admis que le cortex préfrontal dorsolatéral est impliqué dans le langage, la mémoire de travail, l’attention sélective et soutenue, tandis que le cortex frontal ventral et polaire sous-tend la régulation des émotions, la prise de conscience de soi-même, la prise de décision et la conscience sociale. Plus généralement, les lobes frontaux sont impliqués, entre autre, dans l’attention et la concentration, la planification, l’organisation, l’initiation de pensées et de comportements, la théorie de l’esprit, l’abstraction et le raisonnement, l’inhibition et la flexibilité mentale. On comprend que ces fonctions, si elles sont défaillantes, peuvent tenir un rôle dans la survenue de la violence. De ce fait, si l’on part du postulat que le dysfonctionnement des régions frontales peut avoir pour conséquence des comportements d’agression ou de meurtre, est-ce qu’en testant ces fonctions avec les outils neuropsychologiques allons-nous observer des troubles exécutifs? 

Des auteurs ont montré que les perturbations du cortex préfrontal dorsolatéral, sous-tendant la flexibilité mentale et engendrant les réponses de type persévératives, jouent un rôle dans le caractère récidiviste de certaines agressions. D’autres auteurs ont chercher à mettre en relation troubles exécutifs et violence. Des résultats montrent que les personnes « antisociales » (en l’occurrence des criminels) ont davantage de difficultés dans les tests évaluant les fonctions frontales et, de manière plus générale, des fonctions gérées par les régions fronto-temporales. Ce qui semble revenir est une certaine rigidité mentale. En revanche, une autre étude comparant les performances de personnes agressives et non agressives ne révèle pas de différences significatives, à l’exception du test de classement de cartes du Wisconsin, où le groupe « agressif » commet davantage d’erreurs de type perte du critère que le groupe contrôle. Un article passionnant à lire dans le journal Agression and Violent Behavior numéro 15. 

REFERENCES: Neuropsychological and neurological correlates in violent and homicidal offenders: a legal and neuroscience perspective, John Matthiew Fabian. Agression and Violent Behavior, 15 (2010) 209-223.

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