Prise en charge de l’apathie dans la maladie d’Alzheimer par le maintien d’un domaine d’expertise

L’apathie est une perte de la motivation qui se manifeste par une diminution de l’initiation, un manque d’intérêt, de l’indifférence, un faible engagement social et un émoussement émotionnel (Landes & al., 2001). L’apathie se manifeste simultanément par une diminution des comportements orientés vers un but, un déficit de la cognition orientée vers un but et un déficit des émotions accompagnant les comportements dirigés vers un but (Marin, 1991; 1996). L’apathie peut être la conséquence de lésions neurologiques dans la démence de type Alzheimer (DTA), et particulièrement de l’atteinte de certaines régions frontales et sous-corticales. Mais l’apathie peut également être la conséquence d’un cercle vicieux qui entraîne le patient au repli suite aux troubles cognitifs qui se répercutent dans la vie quotidienne. Le patient se sent moins capable de faire les choses, et donc il cesse ses activités. Il est probable que l’apathie dans la DTA soit la conséquence de la participation conjointe de ces deux alternatives. Un des principaux intérêts de la prise en charge de l’apathie dans cette pathologie neurodégénrative est lié à ce que l’on appelle en neuropsychologie la réserve cognitive. La réserve cognitive fait référence au fait que l’intelligence innée, ou certains aspects liés aux expériences de la vie tels que le niveau d’éducation et les activités, produisent une forme de réserve prenant la forme d’un ensemble d’habiletés ou de répertoires qui permet à certaines personnes de limiter les répercussions du déclin cognitif associé soit à l’âge soit à la DTA (Stern, 2002). Plusieurs études ont montré que la réserve cognitive est associée à l’activité au sens large. Autrement dit, plus une personne est active au cours de sa vie, meilleur est son fonctionnement cognitif. L’inactivité liée à l’apathie a tendance a fragiliser le fonctionnement cognitif du malade ce qui aura pour conséquences de le rendre moins autonome: d’où l’intérêt d’une prise en charge de l’apathie dans la DTA.

Dans cette perspective, les aureurs de l’article préconisent de favoriser des activités habituelles ou routinières, de manière à mobiliser le moins possible de traitements contrôlés, connus pour être plus altérés que les traitement automatiques dans la DTA. Ces activités habituelles vont irrémédiablement porter sur les domaines d’intérêt et d’expertise du patient, qu’il va falloir déterminer (notamment avec l’aide des proches) et amener progressivement à les pratiquer en mettant le patient en situation et en analysant les difficultés, non sans tenir également compte de son profil cognitif.

REFERENCES: Prise en charge de l’apathie dans la maladie d’Alzheimer par le maintien d’un domaine d’expertise: étude de cas, C. Basse, M. Perrin, S. Adam in Actualités en rééducation neuropsychologique: études de cs, S. Adam, P. Allain, C. Aubin & F. Coyette, Solal Editeur, Marseille – 2009.

Poster un commentaire

Classé dans Démences

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s