Les « Free Articles » de la semaine

The Assessment of Changes in Cognitive Functioning: Reliable Change Indices for Neuropsychological Instruments in the Elderly – A Systematic Review. Janine Stein, Melanie Luppa, Elmar Brähler, Hans-Helmut König & Steffi G. Riedel-Heller,Dement Geriatr Cogn Disord 2010;29:275–286. PDF

How predictive is the MMSE for cognitive performance after stroke? Ariane Bour, Sascha Rasquin, Anita Boreas, Martien Limburg & Frans Verhey, J Neurol (2010) 257:630–637. PDF

LE CONCEPT D’ATTENTION. Olfa Ben azouz, Lamia Dellagi, Oussam Kebir & Karim Tabbane, La tunisie Medicale – 2009 ; Vol 87 ( n°010 ) : 680 – 684. ARTICLE

Human face recognition ability is specific and highly heritable. Jeremy B. Wilmera,1, Laura Germineb, Christopher F. Chabrisc, Garga Chatterjeeb, Mark Williamsd, Eric Lokene, Ken Nakayamab & Bradley Duchainef, Proc Natl Acad Sci U S A. 2010 March 16; 107(11): 5238–5241. PDF

Imaging memory in temporal lobe epilepsy: predicting the effects of temporal lobe resection. Silvia B. Bonelli, Robert H. W. Powell, Mahinda Yogarajah, Rebecca S. Samson, Mark R. Symms, Pamela J. Thompson, Matthias J. Koepp & John S. Duncan, Brain. 2010 April; 133(4): 1186–1199. PDF

TOPOGRAPHICAL DISORIENTATION IN ALZHEIMER’S DISEASE. Carla Cristina Guariglia & Ricardo Nitrini, Arq Neuropsiquiatr 2009;67(4):967-972. PDF

The Role of Memory Activation in Creating False Memories of Encoding Context. Jason Arndt, J Exp Psychol Learn Mem Cogn. 2010 January; 36(1): 66–79. PDF
Cognitive impairment in patients with Fibromyalgia syndrome as assessed by the Mini-Mental State Examination. Jose Rodríguez-Andreu, Rosario Ibáñez-Bosch, Amparo Portero-Vázquez, Xavier Masramon, Javier Rejas & Rafael Gálvez, BMC Musculoskelet Disord. 2009; 10 : 162. PDF

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Classé dans Littérature

Premiers mots et premiers souvenirs

C’est dans le journal Cognition que l’on peut lire ce mois le dernier papier du célèbre Professeur Martin Conway, connu notamment pour ses travaux sur la mémoire autobiographique. Dans cette étude, deux expériences sont menées, consistant à évoquer des souvenirs autobiographiques à partir de mots indices qui peuvent être des noms d’objets, de lieux (jardin, cuisine, boutique), d’activités ou encore d’émotions (colère culpabilité, joie) ou d’événements (Noël, anniversaire, rêve). Les sujets sont invités à essayer de se rappeler le plus vieux souvenir lié au mot indice qui leur est donné, et de le dater. Plusieurs études ont déjà montré qu’il était difficile pour un adulte de se rappeler les événements de vie étant survenus avant l’âge de deux ans (peu de souvenirs sont rappelés avant l’âge de 7 ans, et encore moins avant l’âge de 5 ans): c’est ce que l’on appelle l’amnésie infantile, qui a déjà donné lieu à de nombreuses théories explicatives. Ce qui semble être en cause est le développement cérébral, particulièrement critique jusqu’à l’âge de 7 ans pour les régions impliquées dans le traitement des souvenirs. Toutefois, il est clair que les enfants, avant l’âge de 7 ans, sont capables d’avoir des souvenirs d’événements très spécifiques: un déficit de l’encodage ne peut donc expliquer cette amnésie. En fait, le problème ne semble pas être la formation des souvenirs, mais leur représentation dans un système de mémoire à long terme les rendant récupérables. Conway appelle cela l’hypothèse de récupérabilité. Celle-ci postule que la capacité d’un souvenir à devenir récupérable est dépendant du développement du vocabulaire de l’enfant, et donc de sa capacité à nommer ce qu’il vit.  Ce n’est que lorsqu’il parvient à nommer ce qu’il vit que les souvenirs vont pouvoir être récupérés à très long terme au cours de la vie. Si cette hypothèse est vérifiée, on devrait observer un parallèle entre l’âge du plus vieux souvenir rappelé et l’âge d’acquisition du mot qui a servi à rappeler le souvenir. 

Et c’est effectivement ce que Conway constate: les résultats montrent que l’âge du premier souvenir est systématiquement plus vieux de quelques mois de l’âge d’acquisition du mot qui a permis de l’évoquer, et plus exactement de 12 mois en moyenne. Ce retard correspondrait au temps nécessaire à l’élaboration des connaissances conceptuelles liées au mot. C’est cette élaboration de concepts qui permettrait aux souvenirs de devenir récupérables à l’âge adulte. Et réciproquement, c’est cette absence de maturation du langage et des concepts liés qui expliquerait l’amnésie infantile. 

REFERENCES: First words and first memories, Catriona M. Morrison & Martin A. Conway. Cognition (2010), In Press.

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Classé dans Développement

Abus de substances et troubles de la reconnaissance des émotions faciales

La littérature scientifique admet les relations entre abus de drogues et altérations cognitives, mais les recherches sont plus rares lorsqu’il s’agit d’étudier le rapport entre addiction aux substances et altérations dans le traitement des émotions. Plus précisément, la reconnaissance des émotions faciales est une des fonctions adaptatives essentielles, en jeu notamment dans les relations sociales. Une récente étude se propose d’examiner la qualité de la reconnaissance des émotions faciales chez des personnes abusant de plusieurs substances, mais également d’explorer les rapports entre la quantité et la durée de l’abus de drogues (alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, MDMA) et l’identification d’émotions faciales. Les auteurs utilisent le test d’Ekman, qui se base sur six émotions principales: la peur, la tristesse, la colère, la surprise, la joie et le dégoût. Il s’agit de photographies en noir et blanc d’acteur simulant une émotion donnée. Les résultats montrent que les polytoxicomanes ont davantage de difficultés à reconnaître les émotions faciales de colère, de dégoût, de peur et de tristesse comparativement à des personnes non dépendantes aux substances, c’est-à-dire toutes les émotions négatives. En effet, il n’y a pas de différences significatives entre les deux groupes pour les émotions positives (surprise et joie) ou encore pour les visages neutres. De plus, il est important de préciser que les auteurs ont recruté des personnes qui sont abstinentes au moment de leur participation à l’étude: les troubles ont donc bien été provoqués par les abus de drogues et se poursuivent bien après. En outre, l’étude révèle également que la quantité de cocaïne absorbée a un lien avec une mauvaise performance dans la reconnaissance de l’émotion faciale de colère et que la durée de l’addiction à la cocaïne est une donnée prédictive des difficultés à identifier les émotions faciales de colère et de peur. Les troubles de la reconnaissance de l’émotion faciale de peur et de tristesse sont à mettre en lien avec les symptômes cliniques d’apathie, de dépression, d’agression et d’hostilité observés chez les toxicomanes. De la même manière, on peut faire un lien entre les difficultés à identifier l’émotion faciale de peur et les difficultés de ces personnes à identifier et à catégoriser les situations à risque. Enfin, les troubles de la reconnaissances de l’émotion faciale de dégoût peut être mis en relation avec les difficultés des polytoxicomanes à identifier des signaux internes d’anxiété ou d’inconfort. 

REFERENCES: Impact of severity of drug use on discrete emotions recognition in polysubstance abusers, Maria José Fernandez-Serrano, Oscar Lozano, Miguel Perez-Garcia & Antonio Verdejo-Garcia. Drug Alcohol Depend. (2010), In Press.

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Classé dans Toxicomanie

Troubles neuropsychologiques et violence

Deux domaines cognitifs semblent particulièrement en lien avec les comportements antisociaux et la violence: les fonctions « frontales » (ou exécutives) et verbales. Il est admis que le cortex préfrontal dorsolatéral est impliqué dans le langage, la mémoire de travail, l’attention sélective et soutenue, tandis que le cortex frontal ventral et polaire sous-tend la régulation des émotions, la prise de conscience de soi-même, la prise de décision et la conscience sociale. Plus généralement, les lobes frontaux sont impliqués, entre autre, dans l’attention et la concentration, la planification, l’organisation, l’initiation de pensées et de comportements, la théorie de l’esprit, l’abstraction et le raisonnement, l’inhibition et la flexibilité mentale. On comprend que ces fonctions, si elles sont défaillantes, peuvent tenir un rôle dans la survenue de la violence. De ce fait, si l’on part du postulat que le dysfonctionnement des régions frontales peut avoir pour conséquence des comportements d’agression ou de meurtre, est-ce qu’en testant ces fonctions avec les outils neuropsychologiques allons-nous observer des troubles exécutifs? 

Des auteurs ont montré que les perturbations du cortex préfrontal dorsolatéral, sous-tendant la flexibilité mentale et engendrant les réponses de type persévératives, jouent un rôle dans le caractère récidiviste de certaines agressions. D’autres auteurs ont chercher à mettre en relation troubles exécutifs et violence. Des résultats montrent que les personnes « antisociales » (en l’occurrence des criminels) ont davantage de difficultés dans les tests évaluant les fonctions frontales et, de manière plus générale, des fonctions gérées par les régions fronto-temporales. Ce qui semble revenir est une certaine rigidité mentale. En revanche, une autre étude comparant les performances de personnes agressives et non agressives ne révèle pas de différences significatives, à l’exception du test de classement de cartes du Wisconsin, où le groupe « agressif » commet davantage d’erreurs de type perte du critère que le groupe contrôle. Un article passionnant à lire dans le journal Agression and Violent Behavior numéro 15. 

REFERENCES: Neuropsychological and neurological correlates in violent and homicidal offenders: a legal and neuroscience perspective, John Matthiew Fabian. Agression and Violent Behavior, 15 (2010) 209-223.

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Classé dans Social

Activation neuronale accrue lors de l’encodage et de la récupération d’images chez des personnes de 60 ans comparativement à des personnes âgées de 20 ans

Il a été démontré dans la littérature que le vieillissement cérébral pouvait être associé aussi bien à une réduction qu’à une augmentation de l’activité neuronale lors de l’exécution de diverses tâches. Une toute récente étude a chercher à comparer l’activation du cerveau lors d’une tâche de mémoire visuelle chez des personnes âgées de 20 ans et de 60 ans, afin notamment de mieux comprendre les mécanismes sous-tendant cette augmentation de l’activité neuronale avec l’âge. Nous parlons bien ici de vieillissement normal: les participants ne souffrent d’aucune maladie neurodégénérative. Les résultats montrent une réduction de l’activité cérébrale dans les régions temporales lors de la phase d’encodage chez les participants âgés de 60 ans, mais également une augmentation de l’activation neuronale dans d’autres régions, notamment dans les lobes frontaux inférieur et dorsolatéral, lors de la phase d’encodage et de récupération de l’information visuelle. Cette augmentation n’a pas de lien avec une meilleure performance mnésique et inversement: la diminution de l’activité temporale ne provoque pas d’altération cognitive. Aussi, cette augmentation de l’activité n’est pas observée chez les personnes plus jeunes. Ces résultats peuvent être interprétés comme un phénomène de compensation, mais il semblerait que l’explication la plus probable soit l’utilisation de différentes stratégies afin de pallier une plus faible performance d’encodage et de récupération, et en particulier la verbalisation (il s’agit d’image qu’il faut mémoriser) et une attention plus soutenue. 

REFERENCES: Increased neural activation during picture encoding and retrieval in 60-year-olds compared to 20-year-olds. S. Burgmans, M.P.J. van Boxtel, E.F.P.M. Vuurman, E.A.T. Evers & J. Jolles. Neuropsychologia (2010), In Press.

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Classé dans Neuroimagerie

Les « Free Articles » de la semaine

Les troubles neuropsychologiques dans la démence de type Alzheimer


Exploring the structure of a neuropsychological battery across healthy elders and those with questionable dementia and Alzheimer’s disease, Karen L. Siedlecki, Lawrence S. Honig, and Yaakov Stern. Neuropsychology. 2008 May; 22(3): 400–411. PDF

Clock Drawing Performance in Cognitively Normal Elderly. Emily J Hubbard,1,2 Veronica Santini,1 Christiaan G Blankevoort,3 Karin M Volkers,3 Melissa S Barrup,1 Laura Byerly,1 Christine Chaisson,1,2 Angela L Jefferson,1 Edith Kaplan,4,5 Robert C Green,1,2 and Robert A Stern1*. Arch Clin Neuropsychol. 2008 May; 23(3): 295–327. PDF

Magnetic resonance imaging predictors of cognition in mild cognitive impairment. Van de Pol LA, Korf ES, van der Flier WM, Brashear HR, Fox NC, Barkhof F, Scheltens P. Arch Neurol. 2007 Jul;64(7):1023-8. PDF

Higher cortical deficits influence attentional processing in dementia with Lewy bodies, relative to patients with dementia of the Alzheimer’s type and controls. J M Bradshaw, M Saling, V Anderson, M Hopwood, and A Brodtmann. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2006 October; 77(10): 1129–1135. PDF

Differentiating the cognitive profile of schizophrenia from that of Alzheimer disease and depression in late life. Ting C, Rajji TK, Ismail Z, Tang-Wai DF, Apanasiewicz N, Miranda D, Mamo D, Mulsant BH. PLoS One. 2010 Apr 12;5(4):e10151. PDF

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Classé dans Démences, Littérature

En anglais dans le texte: « The Anatomy of Object Recognition—Visual Form Agnosia Caused by Medial Occipitotemporal Stroke »

The influential model on visual information processing by Milner and Goodale (1995) has suggested a dissociation between action- and perception-related processing in a dorsal versus ventral stream projection. It was inspired substantially by the observation of a double dissociation of disturbed visual action versus perception in patients with optic ataxia on the one hand and patients with visual foragnosia (VFA) on the other. Unfortunately, almost all cases withVFAreported so far suffered from inhalational intoxication, the majority with carbon monoxide (CO). Since CO induces a diffuse and widespread pattern of neuronal and white matter damage throughout the whole brain, precise conclusions from these patients with VFA on the selective role of ventral stream structures for shape and orientation perception were difficult. Here, we report patient J.S., who demonstrated VFA after a well circumscribed brain lesion due to stroke etiology. Like the famous patient D.F. with VFA after CO intoxication studied by Milner, Goodale, and coworkers (Goodale et al., 1991, 1994; Milner et al., 1991; Servos et al., 1995; Mon-Williams et al., 2001a,b; Wann et al., 2001; Westwood et al., 2002; McIntosh et al., 2004; Schenk and Milner, 2006), J.S. showed an obvious dissociation between disturbed visual perception of shape and orientation information on the one side and preserved visuomotor abilities based on the same information on the other. In both hemispheres, damage primarily affected the fusiform and the lingual gyri as well as the adjacent posterior cingulate gyrus.Weconclude that these medial structures of the ventral occipitotemporal cortex are integral for the normal flow of shape and of contour information into the ventral stream system allowing to recognize objects.

Hans-Otto Karnath, Johannes Ruter, Andre Mandler, and Marc Himmelbach, The Journal of Neuroscience, May 6, 2009 29(18):5854 –5862. PDF

 

 

 

 

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Classé dans Abstract Original